anthologie érotique

 

Petite anthologie de péosie érotique

Pierre DE RONSARD (1524 - 1585)
extraits du "Petit livre des Folastries" (1553)

Quand en songeant ma folâtre j'acolle,
Laissant mes flancs sur les siens s'allonger,
Et que, d'un branle habilement léger,
En sa moitié ma moitié je recolle!

Amour, adonc, si follement m'affole,
Qu'un tel abus je ne voudroi changer,
Non au butin d'un rivage étranger,
Non au sablon qui jaunoie en Pactole.

Mon dieu, quel heur, et quel consentement,
M'a fait sentir ce faux recollement,
Changeant ma vie en cent métamorphoses!

Combien de fois, doucement irrité,
Ssuis-je ore mort, ore ressuscité,
Entre cent lis et cent merveilles roses!

L.M.F. (La Motte Féminine)
J
e te salue, ô merveillette fente,
Qui vivement entre tes falncs reluis;
Je te salue, ô bienheureux pertuis,
Qui rend ma vie heureusement contente!

C'est toi qui fait que plus ne me tourmente
L'archer volant qui causait mes ennuis;
T'ayant tenue seulement quatre nuis,
Je sens sa force en moi déjà plus lente.

O, petit trou, trou mignard, trou velu,
D'un poil folet mollement crespelu,
Qui à ton gré domptes les plus rebelles:

Tous vers galans devraient, pour t'honorer,
A beaux genoux te venir adorer,
Tenant au poin leurs flambantes chandelles!

(Recueil : Amours diverses)

Amour, je ne me plains (Sonnet)

Amour, je ne me plains de l'orgueil endurci,
Ni de la cruauté de ma jeune Lucrèce,
Ni comme, sans recours, languir elle me laisse :
Je me plains de sa main et de son godmicy.

C'est un gros instrument par le bout étréci,
Dont chaste elle corrompt toute nuit sa jeunesse :
Voilà contre l'Amour sa prudente finesse,
Voilà comme elle trompe un amoureux souci.

Aussi, pour récompense, une haleine puante,
Une glaire épaissie entre ses draps gluante,
Un oeil hâve et battu, un teint pâle et défait,

Montrent qu'un faux plaisir toute nuit la possède.
Il vaut mieux être Phryne et Laïs tout à fait,
Que se feindre Portie avec un tel remède.

Olivier de MAGNY (1529 -1561)

A S'AMIE
J
'entrevois sous un vêtement noir,
L
e marbre blanc de ta cuisse arrondie,
Lors que ta main, jalousement hardie,
Privas mes yeux du bonheur de la voir.

Dieux! dis-je adonc, quel est votre pouvoir!
Quel est le teint de sa cuisse embellie!
Quelle est l'ardeur de mon âme assaillie,
Et sa douceur qui me paist d'un espoir!

Ni les crayons de Tymanthe ou d'Apelle,
Ni les ciseaux d'un nouveau Praxitelle,
Nous la feindraient si divinement bien...

Qu'ainsi ta main plus bénigne devienne,
Me faisant voir cette colonne tienne
Sur qui fleurit ton jardin Cyprien.

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Bibliographie:
Lectures amoureuses de jean-Jacques Pauvert, Poésie Erotique
(éditions La Musardine, mai 2000)
Marcel Béalu: La poésie Erotique, anthologie
(Seghers, août 1993)

 

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    Mis à jour le 1 avril, 2004

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